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Traiter la douleur en amont pour éviter les complications

« Il n’est pas acceptable qu’un patient reste seul avec sa douleur, il est odieux de suturer ou de faire une ponction lombaire sans analgésie… », déclare le Dr Pierre Volckmann, pilote de l’engagement Agir ensemble contre la douleur pour le label de qualité du Générale de Santé. Voici plus de dix ans en France que les établissements médicaux, publics et privés, se penchent sur la douleur et sur les moyens de la combattre, notamment au sein des comités de lutte contre la douleur (Clud).

En milieu hospitalier, la souffrance est d’abord l’affaire des anesthésistes.
« L’analgésie est bien codifiée en post-opératoire », explique le Dr Bernard Constantin, anesthésiste à la clinique Aguillera de Biarritz. Les protocoles visent donc à barrer le chemin de la douleur vers le cerveau à différentes étapes et prévenir la souffrance chronique qui s’ensuivrait. Plus la douleur est traitée en amont, moins il y a de complications et de risques de développer une douleur chronique. « De cette manière, le temps d’hospitalisation s’en trouve réduit », précise le Dr Volckmann.

Une prévention localisée

Pour toujours mieux traiter la douleur aiguë, Générale de Santé participe à la recherche d’outils thérapeutiques. Le Dr Jean-Pierre Martin, oncologue à l’hôpital privé Jean Mermoz de Lyon, avec le Dr Volckmann, a ainsi participé à l’étude d’un spray nasal (à la disposition des patients dans quelques mois) qui agit en cinq minutes sur les accès douloureux paroxystiques des patients cancéreux. D’autres voies de recherche aboutissent actuellement : un patch à réservoir de fentanyl, qui collé à la peau agit comme une pompe à morphine autogérée par le patient et sans cathéter.
Il est, par ailleurs, avéré que la morphine administrée juste pendant une intervention activait paradoxalement la douleur. Des alternatives apparaissent, croisant analgésies plurimodales et loco-régionales. Un produit révolutionnaire, actuellement en préparation, s’appliquera en per-opératoire, dans le champ opératoire puis restera actif 100 heures.

L’hypnose médicale en complément de l’anesthésie locale

À la clinique Aguillera, où exerce le Dr Constantin, un service d’analgésie post-opératoire (Sapo), inspiré de pratiques canadiennes a été organisé. Celui-ci rassemble depuis une dizaine d’années des anesthésistes, des neurologues et une infirmière, pour prendre en charge tous les opérés, quelle que soit leur maladie. L'équipe s’investit de surcroît dans une pratique encore rare en France : l’hypnose médicale ou hypnosédation. Associée à une anesthésie locale, celle-ci constitue une alternative à l’anesthésie générale pour certaines opérations durant jusqu’à trois quarts d’heure. « La douleur post-opératoire est plus faible, tout comme le saignement », explique le Dr Constantin. L’effet s’explique mécaniquement, car la même partie du cerveau réagirait à la douleur et à l’hypnose, mais il trouve aussi sa source ailleurs. L’hypnose médicale induit une empathie médecin/patient : tous deux dialoguent longuement au préalable et restent côte à côte durant toute l’intervention.
Une dimension psychologique essentielle, comme l’expérimente loin du bloc opératoire, le Dr Jacques Catteau, psychiatre à la clinique de l’Escrebieux à Esquerchin dans le Nord. Avec trois collègues et depuis cinq ans, ils ont, à côté de leur activité traditionnelle, développé la prise en charge de patients souffrant soit de douleurs particulièrement pénibles, soit de syndromes douloureux chroniques spécifiques. En quelques semaines d’hospitalisation, ces personnes apprennent à “décoder les facteurs cognitifs, émotionnels et relationnels” associés à leur mal-être pour en désamorcer l’impact. Ils apprennent également les techniques de Thérapie Cognitivo-Comportementale et de relaxation, et bénéficient enfin de l’expertise des psychiatres dans le domaine du maniement des psychotropes.

« Loin de l’ancienne dichotomie cartésienne esprit – corps, l’expérience montre que l’on ne peut plus dissocier prise en charge somatique et psychique du sujet en souffrance, tout particulièrement en ce domaine des douleurs chroniques ».

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