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Métier/ergothérapeute : Un thérapeute «écologique»
17 Septembre 2009
Aujourd’hui, les ergo-thérapeutes ont trouvé toute leur place au sein des équipes soignantes. Bernard Chambon est responsable d’une équipe de six ergothérapeutes à la Clinique de Provence (Aubagne) qui a développé un savoir-faire dans la rééducation orthopédique et neurologique. « Notre démarche, dit-il, est interdisciplinaire. Avec les kinésithérapeutes, l’orthophoniste et la neuropsychologue, nous participons à la rééducation et à la réadaptation des patients en collant au plus près de leur vie quotidienne.»
L’objectif de l’ergothérapie est de retrouver ou d’améliorer l’indépendance et l’autonomie d’une personne en situation de handicap en développant ses capacités, en lui conseillant des aménagements et des aides techniques permettant de compenser le handicap. Véronique Péron et Virginie Roué, ergothérapeutes à la Clinique Kerléna (Roscoff) insistent : « La spécificité de notre profession tient dans l’approche thérapeutique particulière, tournée vers la personne dans sa globalité plus que vers l’organe affecté. »
Une approche globale
L’ergothérapie se veut globale et, en quelque sorte, « pratico-pratique » dans la mesure où elle rééduque les déficiences motrices, sensitives ou cognitives des patients et les réadapte en tenant compte de leur environnement et leurs habitudes de vie.
Cette prise en charge écologique demande une très bonne connaissance du patient dans sa globalité. A la Clinique Kerléna, comme dans les autres SSR, « toute prise en charge en ergothérapie commence par l’évaluation de la personne : évaluation des déficiences, des incapacités, des désavantages, de l’environnement humain, matériel, architectural ».
Ce n’est qu’après cette évaluation poussée que pourra être mis en œuvre un plan d’intervention individualisé en des activités préventives et thérapeutiques, des actions de conseil et d’éducation, des mises en situation de vie quotidienne et des visites sur le lieu de vie.
A la Clinique de Bazincourt (Yvelines), Fabienne Marchal et Claire Zaluski, les deux ergothérapeutes, prennent chacune en charge des patients souffrant de troubles orthopédiques ou neurologiques. Pour ce faire, elles « ont recours à divers outils (jeux, activités manuelles, cognitives, etc.) et à des bilans écologiques, c’est-à-dire des mises en situation des gestes de la vie courante (toilette, habillage, transport…), réalisées le plus possible dans les lieux de vie du patient (domicile, centre commercial, rues, etc.) ». Certains établissements ont aussi développé des « écoles d’éducation thérapeutique » en collectif ou en individuel, sur des problèmes spécifiques (lombalgie chronique, intervention chirurgicale du rachis, prothèse de hanche...
Les ergothérapeutes conçoivent leur métier dans l’interdisciplinarité et dans la participation active du patient et de son entourage. « La personne soignée, insistent les ergothérapeutes de la Clinique Kerléna, est actrice de son projet de vie. Nous ne devons pas lui imposer ce que nous pensons être “bien pour elle” mais l’accompagner dans ses choix en toute connaissance de cause. »
L’ergothérapie en chiffres
- 8 instituts de formation publics et privés accessibles sur concours d’entrée
- 3 années d’études comprenant un enseignement théorique, pratique et clinique
- 6 438 ergothérapeutes (11 pour 100 000 habitants) exerçant à 96% en établissements
- 86 % sont des femmes 62 % ont moins de 40 ans
Extrait de Parenthèse, le journal de Générale de Santé, Soins de suite et de rééducation n°2, juin 2009.

