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Kinésithérapeute : un rapport privilégié avec le patient
13 Mars 2009
Spécialiste de la rééducation motrice et fonctionnelle, le masseur-kinésithérapeute intervient par le massage et la gymnastique médicale sur des patients atteints de paralysie ou de troubles neurologiques, des opérés, des traumatisés, etc. Il peut également aider les adultes ou les enfants souffrant d’affections respiratoires ou circulatoires à retrouver une fonction motrice normale. Plus de 60 000 à exercer en France, ces « kinés » ont obtenu un diplôme d’Etat à l’issue de trois années d’école où ils ont reçu une formation théorique et pratique pour ensuite rejoindre l’exercice libéral ou bien intégrer un établissement de santé.
Une formation sélective
L'obtention du diplôme d'Etat de masseur-kinésithérapeute est obligatoire pour exercer. Trente-cinq instituts de formation (publics et privés) dispensent ce diplôme, délivré après trois ans d'études. Ces écoles recrutent officiellement leurs élèves niveau bac, mais le concours d'accès, constitué d'épreuves de biologie, chimie et physique est très sélectif : seulement 5 % des candidats sont admis en 1ère année car la délivrance du diplôme est limitée par un numerus clausus. Une préparation est donc indispensable : il en existe une vingtaine, mais treize écoles ainsi qu’une dizaine d'universités n'admettent que des candidats issus d'une année de PCEMK (1ère année de médecine spécialisée kiné). Le programme est constitué de cours d'anatomie, de morphologie, de physiologie humaine, de pathologie, de psychosociologie, etc. Les élèves s'initient à la rééducation et la réadaptation en traumatologie, orthopédie, neurologie, rhumatologie, pathologie cardio-vasculaire, pathologie respiratoire ainsi qu'à la kinésithérapie en médecine, gériatrie et chirurgie. Une fois leur diplôme en poche, les jeunes kinésithérapeutes peuvent se spécialiser dans un domaine (kinésithérapie du sport, pédiatrique, respiratoire, cardio-vasculaire, gériatrique...) ou acquérir une formation supplémentaire en ostéopathie ou chiropraxie.
Des programmes personnalisés
Le masseur-kinésithérapeute adapte son programme de soins selon la pathologie du patient qu’il rééduque et en fonction du domaine dont relève ce dernier : soins de suite ou rééducation. Globalement, dans l’optique des soins de suite, l’objectif est de « reverticaliser » la personne, c'est-à-dire de la remettre debout et de lui permettre de retrouver une autonomie en lui faisant recouvrer l’équilibre et la marche. Cette indépendance fonctionnelle retrouvée et ce réentrainement à l’effort sont les conditions sine qua non pour un retour à la vie quotidienne. En rééducation-réadaptation, le kinésithérapeute établit un programme personnalisé issu de la concertation avec le médecin référent qui découle d’un projet thérapeutique discuté avec le patient et/ou la famille. Concrètement, et dans le cadre de la prescription médicale, il établit un bilan qui comprend le diagnostic kinésithérapique et les objectifs de soins, ainsi que le choix des actes et des techniques qui lui paraissent les plus appropriés. Ce bilan est adressé au médecin prescripteur et, à l'issue de la dernière séance, complété par une fiche retraçant l'évolution du traitement kinésithérapique, également adressée au médecin prescripteur. « Cet échange avec le corps médical est nécessaire et fondamental » confirme Rémy Razakazafy masseur-kinésithérapeute, responsable du service de rééducation à la Clinique de Soins de Suite et Réadaptation du Bourget en Seine-Saint-Denis. Il ajoute que : « Les masseurs-kinésithérapeutes exerçant dans un établissement de santé ont la possibilité de rencontrer une grande diversité de pathologies et ainsi de parfaire leur expérience dans un contexte d’échanges multidisciplinaires. La qualité de la relation privilégiée du masseur-kinésithérapeute avec le patient provient en grande partie des échanges et de la cohésion avec ses collègues. »
Une implication physique
La notion d’éducation thérapeutique du patient qui est actuellement déployée dans tous les métiers de la santé a toujours été partie intégrante de celui de masseur-kinésithérapeute. Ce rapport privilégié qui s’établit entre le praticien et son patient est sans conteste lié à l’essence même de cette profession dont le toucher est l’un des principaux attributs, et la main, l’outil de référence. Il est intéressant à cet égard de noter que la France n’a pas opté pour la dénomination internationale de « physiothérapeute » et a préféré garder celle qui évoque explicitement l’implication physique de ce professionnel dans les soins qu’il met en œuvre. Beaucoup d’enquêtes ont d’ailleurs montré que cette profession avait une très bonne image auprès de nos concitoyens qui perçoivent bien ce rapport particulier qui s’établit entre un patient et son « kiné ». Rémy Razakazafy précise à cet effet que : « Ce n’est pas anodin de toucher un corps qui souffre. Le toucher nous ramène sans cesse à la réalité et à la richesse du contact avec autrui. Comme il s’agit avant tout d’un métier de contact, il est primordial d’avoir un bon sens du relationnel : savoir toucher, mais aussi communiquer pour apaiser les souffrances et/ou les craintes. Les représentants de cette profession ont la nécessité de garder une vision d’ensemble, de la problématique qui leur est posée et de toujours privilégier le temps d’échange avec les patients sans lequel les notions d’apaisement, de transmission et d’accompagnement n’ont que peu de réalité ». Sens du contact, écoute du corps, patience, semblent donc être des qualités essentielles à l’exercice d’une profession qui, comme d’autres dans le secteur des soins aux personnes, voit malheureusement sa démographie décroître depuis quelques années. L’élargissement du champ de ses compétences qui a commencé à s’opérer depuis quelques années est peut être l’une des solutions possibles pour pallier ce déficit qui pourrait devenir inquiétant d’ici peu.

