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Prise en charge des diabétes : Il faut éduquer les patients
20 Octobre 2009
Les diabétologues ont été les premiers à s’intéresser à l’éducation thérapeutique des patients. Explications avec le Dr Claude Dupire, diabétologue à la Clinique Les Sorbiers à Châteaudun.
Parenthèse : Pourquoi l’éducation thérapeutique est-elle aussi importante dans la prise en charge des patients diabétiques ?
Dr Claude Dupire : Le diabète est une maladie chronique qui touche trois millions de personnes en France dont 500 000 ignorent leur état. La forme la plus fréquente (90% des cas) est le diabète de type 2 qui est favorisé par le surpoids et la sédentarité. Le traitement principal reposera sur la mise en place d’une bonne hygiène de vie combinant équilibre alimentaire, activité physique régulière et donc perte de poids. Nous devons apprendre aux patients à modifier profondément leurs habitudes et à intégrer de nouvelles règles qu’ils devront suivre toute leur vie.
Parenthèse : Comment se déroule le programme dans votre établissement ?
Dr Claude Dupire : La Clinique Les Sorbiers
(40 lits) est spécialisée en diabétologie et en nutrition, le surpoids étant une constante chez tous nos patients.
Notre programme dure trois semaines. Il repose d’une part sur des actions de sensibilisation, d’information et d’apprentissage et d’autre part sur une activité physique. Une prise en charge psychosociale est aussi proposée.
Nos patients participeront notamment à :
- des formations théoriques et pratiques : médecins, infirmières, diététiciennes leur apporteront des notions fondamentales sur le diabète, la nutrition ou la diététique et leur apprendront concrètement à se prendre en charge. Ces formations leur permettront, notamment, de comprendre leur maladie et ses complications, de surveiller leur glycémie, de pratiquer des injections d’insuline ou encore de composer un repas équilibré ;
- des activités physiques : les patients ont 16 heures d’activités physiques par semaine privilégiant les exercices d’endurance.
Un accompagnement psychologique individuel leur est aussi proposé.
Parenthèse : Quels sont les principales difficultés rencontrées ?
Dr Claude Dupire : En amont de l’hospitalisation, la grande difficulté est de convaincre les patients qu’ils ont besoin d’être hospitalisés. Malgré leur surpoids, malgré leur diabète, ils ne se considèrent pas comme malades. Ils ne voient donc pas la nécessité d’être hospitalisés dans un centre spécialisé pendant trois semaines.
A l’issue de leur séjour, tous ont maigri et ont équilibré leur glycémie et surtout ont compris le bénéfice qu’ils pouvaient tirer d’une bonne hygiène de vie. Mais la grande difficulté sera qu’ils poursuivent ces nouvelles règles de retour chez eux.
Une montée en puissance
L’éducation thérapeutique, définie en 1996 par l’OMS, concerne tous les patients atteints de maladies chroniques. Aux Rosiers (Dijon) des programmes ont ainsi été mis en place en réadaptation cardiaque et en réhabilitation respiratoire. Comme le souligne de Dr Bénédicte Vergès, cardiologue aux Rosiers « en acquérant des compétences, le patient, auparavant 'spectateur' devient acteur dans la prise en charge de sa maladie, de ses soins, de sa surveillance, en partenariat avec les soignants-éducateurs. »
Cette éducation thérapeutique répond à des recommandations très précises, définies par l’HAS en 2007, telles l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire, la formation des éducateurs ou encore la nécessité d’une évaluation. Fin 2008, le rapport Saout (1) émettait 24 recommandations pour favoriser son développement. Et le projet de loi « Patients, santé et territoires » comporte pour la première fois un article sur l’éducation thérapeutique et surtout introduit sa tarification dans le système T2A.
(1) Pour une politique nationale d’éducation thérapeutique du patient, septembre 2008.

