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Semaine du Handicap : Les souvenirs du Dr Laboute avec le double champion olympique de natation David Smetanine.

Médecin rééducateur au CERS Capbreton , le Dr Eric Laboute était aux Jeux Paralympiques Pékin, non comme simple spectateur mais en qualité de médecin bénévole de la délégation française. « Jamais, dans l’histoire du handisport, il y a eu des investissements aussi importants, se souvient-il avec plaisir. L’organisation était remarquable, les infrastructures splendides et l’accueil de la population était véritablement enthousiaste. »

Le médecin des nageurs

L’engagement aux côtés des sportifs handicapés semble aller de soi pour le Dr Laboute. « Le handisport était au confluent de mes deux spécialités », explique-t-il. A Rennes, où il fit ses études, il obtient une double qualification en rééducation et en médecine du sport. Avec des sportifs handicapés, il se rend dans des écoles pour familiariser les enfants au handicap. « J’ai rencontré des sportifs handicapés hors norme, de véritables personnalités qui m’ont donné envie de m’investir dans ce domaine », dit-il. Il débutera sa carrière avec des sportifs de haut niveau valides, en travaillant avec les footballeurs de Clairefontaine.

Arrivé au CERS Capbreton, il y a un peu plus de trois ans, il se met tout de suite au service de la Fédération Handisport et devient, parallèlement à son métier, médecin bénévole de l’équipe de France de natation.

Au sein de la Fédération qui regroupe toutes les disciplines sportives, les médecins suivent les athlètes tout au long de l’année et les accompagnent lors des déplacements. C’est ainsi que le Dr Laboute, avec trois autres de ses confrères, a pris en charge le suivi médical des 150 sportifs de la délégation française pour qui « la moindre blessure peut être catastrophique». Heureusement, tout s’est bien passé et les résultats ont été excellents : 52 médailles (dont douze en or), avec celles du nageur David Smetanine (2 médailles d’or, 2 médailles d’argent) ou , en athlétisme, celles d’Assia El’Hannoni (2 médailles d’or, 2 médailles d’argent).

Les performances ont aussi été hors du commun, en particulier avec les Sud-Africains Oscar Pistorius et Nathalie Du Toit. Le premier, amputé des deux jambes et appareillé avec des prothèses de carbone, a failli au 70 centième près, se qualifier pour les Jeux Olympiques. La seconde, amputée d’une jambe, sera la première sportive handicapée à se qualifier aux JO dans la discipline des 10 Kms en eaux vives : elle arrivera 16e sur 25. Aux Jeux Paralympiques, elle récoltera 5 médailles d’or.

Un double challenge

Le Dr Laboute ne cache pas son admiration devant ces sportifs qui doivent relever un double challenge : « dépasser leur handicap et se dépasser eux–mêmes. » « Ces athlètes de haut niveau, ajoute-t-il, apportent beaucoup à la rééducation des personnes handicapées. » Ils représentent, en quelque sorte, un modèle leur apportant de l’espoir en leur montrant que même avec un handicap, on peut faire des choses extraordinaires.

Ces sportifs permettent aussi la mise au point de matériels ultraperformants : les matériaux et technologies innovants utilisés dans ces fauteuils, handbikes ou prothèses de compétition, entreront progressivement dans la fabrication du matériel de rééducation standard.

Enfin, avec des performances qui se rapprochent de plus en plus de celles des valides, ils contribuent largement à modifier le regard que la population porte sur le handicap. A Pékin, les jeux paralympiques ont été suivis par des milliers de spectateurs et 10 chaînes de télévision les retransmettaient en continu.

 

Le regard de la société évolue, les images du sport sublime le handicap au profit de l’exploit sportif. Souhaitons que cette tendance se poursuive au-delà de Pékin. Rendez-vous à Londres en 2012 pour en juger.

extrait de n°2 de Parenthèses, le journal de Générale de Santé SSR - Juin 2009
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