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Soignant-soigné : Une relation complexe

Dans la relation soignant-soigné, l’écoute et la parole sont des outils de soins indispensables. Ils obéissent à des mécanismes complexes qui demandent l’apprentissage d’une technique certaine accompagnée d’une réflexion soignante individuelle et collective.

 

C’est à partir de cette réflexion que Gloria Nogueras, directrice de l’Amandier et de Choisy , et Marie- Hélène Lamy, directrice des soins à Choisy, ont mis en place, dans les deux établissements, des formations- actions. Il s’agissait d’aménager un espace d’échange et de réflexion pour le personnel. Les premières formations-actions, qui se sont déroulées en 2007 et au début de l’année 2008, ont réuni des petits groupes d’infirmières, d’aides- soignantes, d’agents de service hospitalier, de brancardiers, de rééducateurs et de psychologues. Marie-Hélène Lamy est intervenue à l’Amandier et a travaillé avec une équipe de l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne (Paris), qui a pris en charge la formation à Choisy.

 

Prendre du recul

Fondées sur le principe de nondirectivité de Carl Rogers, ces formations- actions ont comme objectif « de permettre à chaque participant de trouver ses propres réponses à ses questionnements ». « Mon rôle, précise Marie-Hélène Lamy, est d’accompagner les participants dans une réflexion sur leur pratique quotidienne, sans à priori et sans jugement. La mise en commun d’expériences, les échanges de points de vue leur permettent de prendre du recul sur une situation, de l’analyser et de trouver leurs propres solutions afin de répondre aux besoins et à la satisfaction du patient. »

Malgré le professionnalisme des équipes, le personnel est parfois confronté à des situations difficilement gérables. Il prend aussi en charge des personnes âgées que l’hospitalisation et la perte d’autonomie plongent souvent dans une angoisse extrême qui peut se manifester par de l’agressivité. Cette confrontation quotidienne à la douleur des patients est difficile à vivre et demande la mise en place de postures soignantes liées, notamment, à la parole.

Écouter et entendre

Il s’agit autant de douleur physique – que les soignants savent soulager – que de la souffrance morale attachée à la maladie, au handicap et au « deuil » à faire d’un vécu antérieur. « Si le patient ne peut pas verbaliser cette souffrance, explique Marie-Hélène Lamy, il la manifestera autrement : en appelant continuellement l’infirmière, en demandant sans arrêt ce qu’a dit le médecin, à quelle heure est le rendez- vous, etc., ou en se mettant en situation d’opposition. »

Entendre le non-dit est délicat et peut faire peur. Mais cette compréhension est nécessaire pour montrer aux patients qu’ils ont été entendus et pour répondre à leur demande réelle. « Parfois, souligne-t- elle, c’est cette écoute attentive qui va rassurer le patient et débloquer des situations complexes. »

Les premières formations à l’Amandier sont terminées, celles de Choisy sont en cours. « Si ces actions permettent aux soignants de se sentir mieux dans leur quotidien et de continuer, un grand pas aura été franchi. » La démarche est aujourd’hui enclenchée. Souhaitons qu’elle se développe et perdure.

extrait de n°1 de Parenthèses, le journal de Générale de Santé SSR - Juin 2008
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